dpselection
AQM Basse-Normandie
Email : contact@aqm-bn.asso.fr
Flux RSS

Concert en sols majeurs

L’IRD2 (Institut Régional du Développement Durable) a été créé pour faciliter la rencontre de tous les acteurs du territoire et de notre université au service de ce Développement Durable.
Le thème de son 2ème colloque « sols contre tous » s’inscrivait en amont de l’année 2015, déclarée « année internationale des sols ».

Un contexte conflictuel


Les premiers intervenants ont tenté  de dresser une définition complète  de ce sol …. « Le mal connu, mal-aimé »,  cette « peau de la terre »  « un écosystème vivant qui nous fait vivre » mais  « lieu de tensions et conflits » en conclusion  « un patrimoine exceptionnel pour notre région».

 C’est d’abord constater l’incroyable diversité de notre sol à la fois minéral, organique, fait d’air et d’eau, hébergeant une faune  incroyable.
Notre sol subit des menaces, érosion, acidification, perte en matière organique entre autres.
Plus grave est la perte en sol cultivable qui disparait partout sur la planète au profit de l’expansion urbaine.
C’est un véritable conflit d’intérêt entre  ce sol, source de l’alimentation d’une population en croissance et  l’extension de la surface urbanisée, source d’un certain bien-être, une sorte de dilemme, « être nourri ou être logé ».

Le régime crétois !

La première table ronde a permis d’esquisser quelques pistes de réflexion  pour tenter  de résoudre cette équation.
La première concerne l’alimentation quand on sait que 80% des sols sont dédiés à l’élevage animal.
Il faut donc changer notre régime alimentaire  «  de la protéine animale à celle végétale » C’est ce qui ressort du projet Afterres2050.
Notre assiette évoluera  vers plus de fruits et légumes…pour le bien de notre santé d’ailleurs.
« Cette évolution contribuera à réduire par 2 l’effet de serre associé  de même que la consommation énergétique et en eau » a-t-il été ajouté.
L’autre  piste concerne la question foncière  et son exception française. En effet, nos lois  sur la propriété foncière et la spéculation qu’elles entraînent   rendent quasiment  impossible une véritable politique d’urbanisme dépassant les intérêts particuliers.
« Pour faire évoluer notre législation, on pourrait s’inspirer de ce qui se fait chez  nos voisins hollandais, allemands ou anglais où la terre peut devenir une propriété collective »

Mieux connaître pour diversifier

Une meilleure gestion de nos sols est donc une priorité. Elle passe par une caractérisation plus  complète et plus fine jusqu’à l’échelle 1/ 250000ème.
« Nous pouvons prendre exemple sur nos voisins belges » a-t-on souligné.
L’utilisation de technologies modernes sera encore un plus  pour pouvoir générer différentes visions de ce sol.
A  partir de ces données essentielles, il sera question de remettre en cause l’agriculture intensive et ses excès, la qualité des sols étant l’arbitre in fine.
«  Sol des villes et sols des champs »… c’est ainsi que l’on doit penser l’aménagement de notre territoire pour choisir la terre à urbaniser, comme l’a démontré la communauté urbaine de Tours  pour son  Plan Aménagement et de Développement Durable.
«  Il faudra redevenir paysan » a insisté un intervenant en étant conscient que « … le changement sera dur à faire passer ».
Parmi les  pistes, pèle mêle, le labour léger, la plantation de haies, un équilibre polyculture/élevage, la réduction des traitements  phytosanitaires au profit des fertilisants organiques.
« Tout est une question de dosage voire de bon sens » a-t-il été souligné.

L’Europe à la peine

Luca Marmo, chef de secteur « sol » de la Direction générale de l’environnement  de la Commission Européenne a donné une vision équivalente de ce qui se passe en Europe en matière de sols.
«  La disparition des  terres agricoles est telle que nous avons perdu en 15 ans plus de 6,1 Millions de tonnes de blé (5%) par an »
« Nous perdons dangereusement  de la matière organique, antichambre de la désertification »s’est-il inquiété.
Un projet de politique commune a été proposé en 2009, trop ambitieux certainement car il n’a pas été adopté et retiré en 2013. La nouvelle commission devra se pencher sur un  projet plus pragmatique  pour la période 2014-2020.
Sans attendre cette mise en œuvre, la commission a publié de nombreux documents particulièrement pertinents au sujet de ces sols (voir en annexe).

Un modèle de gestion durable ?

La dernière séquence de ce colloque est revenue sur la problématique franco-française  de la gestion du foncier.
La SAFER est là pour aider la maîtrise du foncier agricole et péri-urbain tout comme l’EPF Normandie  ayant à gérer bon nombre de paradoxes et d’antagonismes.
« La rénovation des friches  fait partie de nos priorités afin d’y implanter des logements »
Au plan des territoires, M.Vinot-Battistoni, maire  de  Bieville-Beuville –dans la périphérie de Caen - a apporté le témoignage d’un élu local quant à la gestion à long terme de son territoire
« Nous avons construit un projet à 25 ans avec nos agriculteurs » s’est-il félicité
Ce projet a l’ambition de comporter 25% de logements sociaux, une densité  maitrisée avec 25 logements à l’hectare.
« Les services, équipements et commerces n’ont été également privilégiés» a-t-il conclu.

Pour plus d’informations :

• Association Française de l’Etude des Sols (AFES)
• Afterres2050
• GISSOL
• GISFI
• VIGISOL
• Publications de l’Union Européenne

12/11/2014
Identification
 
mot de passe oublié ?

 
actualites AQM
voir les archives
Agenda
AQM BN