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Energies renouvelables : un atout territorial ?

La loi de transition énergétique votée, les énergies renouvelables  reviennent au cœur des préoccupations de tous les décideurs de l’hexagone.
Caen Métropole a proposé aux acteurs locaux  un cycle de formation/information à ce sujet, une occasion de prendre la mesure de la variété des solutions, des pièges qu’elles sous-tendent  mais aussi et surtout des opportunités économiques  que peuvent créer ces  initiatives pour  nos territoires.
On rappellera que, au plan européen, la France s’est engagée en matière environnementale au niveau européen sur des objectifs 3 x 20, c'est-à-dire, dans l’ordre des priorités :
  •   réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre
  •   amélioration de 20% de l’efficacité énergétique
  •   porter la part des énergies renouvelables à 23% de sa consommation d’énergie finale d’ici à 2020.
De l’avis général, on peut dire que tout existe, mais qu’il faut « mettre en musique » tout cela : technologie, financement sans oublier  les nombreux freins sociologiques.

Une Normandie durable

De par ses spécificités géographiques et socio-économiques, notre Région n’est  pas sans atouts  quand on songe entre autres  aux énergies marines renouvelables (EMR)  et à la richesse énergétique rurale (méthanisation, bois…).
A ce jour, la Normandie comporte 25 parcs éoliens terrestres et, en projet, trois très grandes  unités «  offshore » au large du Tréport, du Havre et  Courseulles.

Quant à l’énergie hydrolienne  qui exploite les forts courants sous-marins, son potentiel est estimé à 28% de notre consommation électrique mais n’en est qu’a son début et ne pourra contribuer significativement  à la part envisagée des énergies renouvelables  en 2020.

Intéressons-nous plus concrètement aux initiatives régionales.


Ça gaze

En milieu rural, les déchets végétaux et animaux  sont particulièrement abondants et représentent un gisement énergétique considérable.
Leur valorisation est incontestablement un plus pour le territoire concerné.
Très vite, l’exploitation des gaz de décomposition de ces déchets (méthanisation) a été envisagée mais le bilan est plutôt mitigé.
Nos voisins allemands ont été les pionniers en la matière et disposent désormais de plus de 9000  installations, favorisées en cela par la taille des exploitations agricoles.
En France, les objectifs sont plus modestes, on note en effet  250 sites en fonctionnement et l’objectif à terme ne dépasse pas 1500.
En effet, il a fallu essuyer les plâtres :
  • technologie allemande inadaptée au contexte français (petites exploitations)
  • coût de maintenance
  • manque de déchets appropriés.
Ce dernier point  peut s’avère pénalisant. Le lisier, par exemple, est très peu méthanogène et l’on doit donc injecter des compléments plus performants comme le maïs, une tentation alors  de cultiver ce dernier pour rendre le méthaniser plus performant et rentable.
A ce jour, son cout du kWh est loin d’être compétitif (4 fois celui de l’électivité nucléaire), mais cette technique reste très prometteuse pour notre  territoire. Elle représente un revenu complémentaire pour l’agriculteur, elle permet d’éliminer la pollution des déchets agricoles et contribue à la réduction du gaz à effet de serre (GES) sans parler de l’emploi induit.
Il reste enfin à créer une véritable filière de la méthanisation en France  afin de trouver des solutions techniques viables à nos spécificités. En attendant, le soutien de l’Etat est indispensable.
L’unité proche de Thury- Harcourt représente a ce jour le projet le mieux abouti dans ce domaine.

Du bois  dont on se chauffe !

Ce combustible est consommé par tous sur la planète et peut être considéré comme inépuisable.
Le bois est une source d'énergie locale, naturelle et la première des énergies renouvelables dans notre hexagone. .
Avantageusement, le GES généré par sa combustion est totalement compensé par l’absorption de CO2  au cours de la croissance de l’arbre.
Notre région est, là aussi, favorisée exceptée la Manche,  pauvre en zones sylvicoles.
Mais, la ressource bois est  largement sous- exploitée en France, en particulier  à cause des « impasses sylvicoles », les forêts privées peu entretenues et exploitées.
Une fois encore, il faut mettre la France  en ordre de marche pour activer efficacement toutes les ressources potentielles.

Et encore

En oubliant la conversion de l’énergie solaire photovoltaïque marginale sous nos latitudes, celle thermique  mérite le détour.
On peut être surpris du faible développement de cette technologie, déjà très ancienne, simple  à mettre en œuvre a priori.
En fait, elle a pâti d’abord de l’incompétence des installateurs, de systèmes inadaptés conduisant inévitablement à une efficacité insuffisante voire une détérioration rapide de l’élément chauffant.
Il est désormais reconnu que ce système convient bien à des demandes de chaleurs régulières et importantes (piscines par exemple).
Enfin, dans ce tour d’horizon loin d’être  exhaustif de ces énergies renouvelables, on terminera par la pompe à chaleur  est un dispositif permettant de transférer de la chaleur prélevée dans un milieu, vers un autre milieu.

Priorité  à l’efficacité énergétique

L’efficacité énergétique reste la première priorité et, dans ce domaine, l’isolement des bâtiments, incontournable.
Nous avons pris beaucoup de retard mais à ce jour les collectivités mettent les bouchées doubles pour aider les particuliers à mieux isoler leurs habitations.
Le retour sur investissement n’est pas encore évident mais il conviendra d’y intégrer l’augmentation de sa valeur patrimoniale Isolement des bâtiments.
Une fois de plus, ces actions   supporteront  l’économie locale pour autant que les véritables compétences seront mises en place.
La récupération de chaleur perdue  (énergie dite  fatale) vient aussi améliorer l’efficacité énergétique locale .Le meilleur exemple local est sans nul doute  le chauffage d’ Hérouville Saint Clair par la chaleur de l’incinérateur de Colombelles.


Peut mieux faire

Au-delà du coût direct  des énergies renouvelables, encore insuffisamment compétitif,  il faut considérer dès à présent ses avantages induits dont l’impact est plus difficilement quantifiable. Cela permet en effet de générer une économie de proximité  créatrice d’emplois et indépendante des énergies fossiles contribuant  alors à la gestion vertueuse de tout un territoire. Le  meilleur exemple proche de nous est sans aucun doute le Méné en Côte d’ Armor   qui a pour objectif « L’autonomie énergétique au service de l’attractivité du territoire ».

La Normandie  a à ce titre de nombreux atouts qu’il convient  stimuler malgré un énorme handicap conjoncturel  qui la dépasse…le coût dérisoire et inattendu  de l’énergie fossile…. Mais cela n’aura qu’un temps.


11/04/2016
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