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Un cercle vertueux ?

La réponse à la crise économique  qui perdure en France comme ailleurs n’est pas unique et les innovations en la matière sont les bienvenues.
L’économie circulaire fait partie de cette nouvelle économie qui peut relancer les territoires  dans leur quête de développement et de recherche d’autonomie.
Que se cache-t-il derrière ce vocable dont l’interprétation  est encore divergente parmi bons nombre d’ «  experts ».


De quoi parle-t-on ?

Cette démarche innovante part d’un constat alarmiste, en l’occurrence  l’emballement de la consommation de nos ressources naturelles lié au développement économique des pays émergeants.
Le rythme actuel nous conduit à la disparition de ces matières premières à brève échéance.
L’objectif est de se démarquer radicalement  de l’économie dite linéaire consistant principalement à extraire, produire, consommer et jeter. Ce modèle ne permet plus d’appréhender un futur raisonnable. L’économie circulaire s’appuie sur une absence de gaspillage et une augmentation de l’intensité de l’utilisation des ressources tout en diminuant les impacts environnementaux sur ce modèle.
De manière caricaturale, l’économie linéaire s’apparente à la « conquête de l’Ouest » où les pionniers exploitent un territoire jusqu’à l’épuiser puis passent au suivant.
Le modèle proposé ressemble plus à la vie à bord d’une navette spatiale….. en circuit fermé.
On la qualifiera de croissance verte, «  écologiquement vertueuse », croissance alors  découplée de la consommation de nos ressources naturelles.

Au-delà du recyclage

Communément  associée à la  gestion  efficace des déchets et leur recyclage, l’économie circulaire va plus loin en  prenant en compte toutes les étapes de la vie d’un produit et s’appuyant sur les 3 piliers suivants:
  • La production et l’offre de biens et de services
  • La consommation au travers de la demande et du comportement du consommateur.
  • La gestion des déchets avec le recours prioritaire au recyclage.

Consommer durablement

Parmi les innovations apportées par  l’économie circulaire, l’écoconception  vise, dès la conception d’un procédé, d’un bien ou d’un service, à prendre en compte l’ensemble du cycle de vie en minimisant les impacts environnementaux.
Plus déterminant est la recherche d’une économie de la fonctionnalité qui privilégie l’usage à la possession et tend à vendre des services liés aux produits plutôt que les produits eux-mêmes.
A titre d’exemple, on citera Xerox qui « vend » non plus es photocopieurs mais des photocopies ou Michelin des kilomètres et non des pneus.
Enfin, l’allongement de la durée d’usage est privilégié au détriment de notre société de consommation irresponsable. Le consommateur a alors  recours à la réparation, à la vente ou don d’occasion, ou à l’achat d’occasion dans le cadre du réemploi ou de la réutilisation.
Le recyclage reste la dernière étape qu’il convient de rendre le plus efficient possible.


L’économie circulaire au service du  territoire

L’Écologie industrielle et territoriale (EIT) nourrit et accompagne le développement d’échanges autour des consommations et des rejets des entreprises et des collectivités.
Dénommée aussi symbiose industrielle, constitue un mode d’organisation interentreprises par des échanges de flux ou une mutualisation de besoins .Les déchets des uns deviennent les ressources des autres.
A titre d’exemple local, on peut citer l’entreprise HOIG SATO à Giberville (Calvados)
Elle a créé en 2013 une plateforme  de recyclage des déblais de tranchées d’une capacité maximale annuelle de 40.000 tonnes. Elle permet de recycler les déblais de tranchées pour produire des matériaux de remblais (sable et tout venant) pour les canalisateurs et de limiter les transports de matériaux.
En rajoutant uniquement de la chaux  et après calibration du matériau, ce dernier est à nouveau réutilisé pour la même activité.
Le bilan est positif à plus d’un titre, économie annuelle de matière première directe (15000 tonnes), de carburant (et le CO2 qui va avec !).
« Cette initiative a permis ainsi de transformer une charge financière et environnementale en opportunité de croissance verte » déclare le Directeur de l’entreprise.
Un peu plus loin, l’Agence d'Urbanisme de la Région du Havre et de l'Estuaire de la Seine (AURH) a lancé une démarche originale en rapport avec les activités portuaires .
Cette approche économique écologiquement responsable  a pris une dimension internationale  avec  l’association NISP (National  Industrial Symbiosis Programme ) déclinée en France par l’ADEME   avec le Programme National de Synergies Interentreprises   PNSI.
Dans ce cadre, un appel à manifestation d’Intérêt (AMI) a été lancé pour valoriser les meilleures pratiques en la matière
Enfin, chaque région s’est dotée- ou va le faire-  d’un comité régional de l’économie circulaire.

Une fois de plus, beaucoup  de choses sont en place pour stimuler cette « nouvelle économie », il ne reste, et ce n’est pas la moindre affaire, à « transformer  l’essai » face aux freins de tous genres, culturels comme économiques (lobbies).
Le matche est loin d’être gagné.


13/04/2016
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